76 % : c’est la part des ventes de voitures neuves qui restent thermiques ou hybrides, malgré l’avalanche de discours sur l’urgence électrique. Derrière ce chiffre, la mutation s’accélère, mais la réalité sur le terrain est plus nuancée qu’il n’y paraît. La route vers la fin du moteur thermique promet encore bien des virages.
Le calendrier européen pointe une échéance implacable : à partir de 2035, fini la commercialisation des voitures thermiques neuves. Quelques rares hybrides rechargeables pourraient toutefois profiter de délais supplémentaires, mais ce sera l’exception. Face à cette ligne d’arrivée, les constructeurs redoublent d’efforts : investissements massifs dans le tout-électrique, mais aussi optimisation méticuleuse de leur gamme thermique pour passer entre les gouttes des dernières normes antipollution. Chaque gramme de CO₂ compte désormais dans la course à la conformité.
Pourtant, le quotidien ne suit pas toujours la vitesse des annonces. Les bornes de recharge manquent, leur répartition demeure inégale, et les prix des alternatives restent parfois hors de portée. Pendant ce temps, la réglementation s’ajuste au gré des négociations entre États membres et industriels. Ce sont ces arbitrages, décidés aujourd’hui, qui dessineront la carte du marché automobile mondial pour la décennie à venir.
Où en est réellement la voiture thermique face à la transition énergétique ?
Impossible d’ignorer le tournant : la transition énergétique ne lâche plus l’industrie automobile. Les voitures thermiques dominent toujours le parc roulant en France et dans l’Union européenne. Mais la pression s’intensifie. Les restrictions de circulation se multiplient dans les métropoles, les zones à faibles émissions (ZFE) deviennent la règle, et les débats sur les gaz à effet de serre ou la neutralité carbone s’imposent jusque dans les concessions. Les directives de la Commission européenne accélèrent la cadence, forçant les automobilistes à revoir leurs habitudes plus vite que prévu.
La date est arrêtée : plus aucune voiture thermique neuve en 2035 sur le Vieux Continent. Ce cap bouscule déjà l’ordre établi. Les modèles thermiques récents affichent des moteurs de plus en plus sobres, conçus pour fendre la barrière des normes. Mais l’accès aux centres urbains devient un casse-tête, poussant vers des alternatives. Que ce soit dans le neuf ou l’occasion, le choix s’oriente vers des véhicules plus propres, sous la pression des ZFE et des vignettes Crit’Air.
Sur le terrain, la transition écologique avance à plusieurs vitesses. Les ZFE, actives dans une dizaine de métropoles françaises, imposent des règles strictes pour les véhicules Crit’Air 4 et 5. Pour beaucoup, cela signifie repenser leurs déplacements ou leur prochain achat. Sur le marché, les hybrides, les électriques et même certains carburants alternatifs montent en puissance, sans pour autant effacer la voiture thermique du paysage. Le secteur s’oriente vers une mutation profonde, où chaque choix se négocie entre contraintes, innovations et réalités budgétaires.
Entre interdictions et innovations : ce que préparent les constructeurs automobiles
Les constructeurs avancent sur une ligne de crête, balançant entre impératifs réglementaires et nécessité d’innover. Sur le marché des véhicules neufs, la transformation est palpable : les catalogues s’ouvrent à davantage de modèles hybrides ou 100 % électriques. Mais personne n’enterre la motorisation thermique, pas même les géants comme Peugeot, Renault, Volkswagen, BMW, Toyota ou Honda. Tous adaptent leurs gammes : moteurs revisités, hybridation légère, tout est bon pour rester dans la course face à des règles antipollution de plus en plus strictes.
Dans les ateliers, la production industrielle prend un nouveau visage. Les usines européennes réorganisent leurs lignes, s’entourent de nouveaux partenaires et accélèrent la recherche sur les biocarburants ou les carburants de synthèse. Porsche, Audi ou Ferrari explorent déjà ces pistes pour maintenir le moteur thermique sur des segments de niche. Sur le marché de l’occasion, la montée des véhicules électriques et hybrides bouscule la donne. Les thermiques les plus récents trouvent encore preneur, mais la cote évolue à vue d’œil, portée par la crainte des interdictions et l’essor de l’électrique.
Dans ce contexte chahuté, l’innovation technologique fait figure de boussole. Les batteries à plus grande autonomie, les matériaux allégés, la connectivité avancée : chaque avancée redessine le marché. Les marques jonglent avec une demande mouvante, des textes réglementaires en constante évolution, et des consommateurs qui, eux aussi, changent de cap à toute vitesse.
Voitures thermiques ou électriques : quels critères privilégier pour un achat réfléchi ?
Le marché automobile n’a jamais offert autant d’options, ni posé autant de questions. Face à l’essor des voitures électriques, la voiture thermique garde des arguments, mais la donne change vite. Particuliers, professionnels ou entreprises : chacun doit évaluer une série de critères concrets : fiscalité, accès aux zones à faibles émissions (ZFE), potentiel de revente, disponibilité des infrastructures. Les choix sont de moins en moins évidents.
Le coût total de possession (TCO) s’impose dans l’équation. Acheter une voiture électrique donne droit au bonus écologique, tandis que les thermiques paient un malus CO2 ou un malus au poids. Sur le marché de l’occasion, la décote des électriques reste prononcée, alors que certains thermiques récents tiennent la cote. Impossible de se fier au seul tarif d’achat : il faut regarder le cycle de vie du véhicule.
À examiner de près
Voici les principaux points à évaluer avant de choisir une motorisation :
- Accès aux bornes de recharge : leur nombre augmente, mais la répartition reste inégale selon les territoires.
- Contraintes de circulation : les ZFE fixent des règles strictes en centre-ville, conditionnées par la vignette Crit’Air.
- Usage quotidien : autonomie, type de trajets, possibilité d’utiliser une carte carburant pour les déplacements professionnels.
- Cycle de vie du véhicule : impact sur la revente et l’entretien selon la technologie choisie.
La rapidité de la transition énergétique influence aussi la pertinence de chaque option. Les émissions ZFE conditionnent l’accès à certaines villes. L’arbitrage final dépendra de la réglementation, du rythme d’innovation et des besoins réels de chaque utilisateur.
Quelles tendances façonneront le paysage automobile dans les prochaines années ?
Le secteur automobile connaît une accélération sans précédent. La transition énergétique impose sa dynamique, forçant les constructeurs à pousser les véhicules électriques en tête d’affiche, tout en repensant la stratégie autour du moteur thermique. En Europe, les lois sur les émissions de gaz à effet de serre se durcissent : la Commission vise la neutralité carbone en 2050, ce qui pèse lourd sur les choix industriels et l’orientation des gammes.
Le marché reste en perpétuel mouvement. Les voitures thermiques neuves reculent, mais restent très présentes sur le marché de l’occasion en France. La demande pour des modèles polyvalents et abordables demeure forte, alors que les hybrides s’imposent comme une étape intermédiaire. Toyota, par exemple, mise sur l’hybridation légère ou les carburants de synthèse pour prolonger la carrière du moteur thermique, tandis que d’autres marques innovent pour coller à la demande.
Les sous-traitants automobiles sont aussi engagés dans cette mutation. Le passage à l’électrique bouleverse l’emploi industriel, pousse à revoir la formation et encourage les investissements dans de nouvelles filières. D’ici quelques années, le paysage sera morcelé : dans certaines zones, le thermique gardera une place, tandis que dans les grandes villes de France et d’Europe, la voiture électrique s’imposera comme la nouvelle norme. Impossible de prédire tous les contours du futur, mais une chose est sûre : la route ne sera plus jamais la même.


